27 mai 1943 ou les combats des années 1940 en France et en Chine pour la libération nationale et sociale

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

En cette date anniversaire, évoquons très succinctement les combats des années 1940 en France et en Chine pour la libération nationale et sociale...

Le 27 mai 1943, fut constitué, clandestinement, à Paris, sous la présidence de Jean Moulin, le Conseil national de la résistance (CNR). Après l’assassinat de Jean Moulin, ce conseil a été présidé par Georges Bidault, puis à la Libération, le 15 septembre 1944, par Louis Saillant, militant CGT.

Le CNR a défini son programme prévisionnel pour la Libération le 15 mars 1944 (première publication clandestine le 24 mars 1944). Le CNR regroupait 8 mouvements de la résistance intérieure, les deux grandes confédérations syndicales (dont la CGT), six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre.

Le programme du CNR ("Les jours heureux") contient des transformations économiques et sociales importantes, fruits d’une alliance politique et sociale en construction. Il y est question de soustraire à l’influence des puissances d’argent la maîtrise de biens essentiels à la nation (retour à la nation).

La lutte pour la Libération a aussi forte dimension morale: recouvrer l'honneur, la dignité et la liberté (à la place du vécu de l'humiliation et de l'occupation).

A la même époque, en Chine, le Parti communiste chinois et une partie notable du peuple chinois menaient un combat pour la libération nationale, politique, sociale et économique.

Selon plusieurs chercheurs, la réforme agraire et d’autres changements socio-économiques, introduits par les communistes chinois à l’époque de Yan’an (Yenan) ont contribué dans une très large mesure à assurer d’abord la survie, puis le triomphe du PCC. L’ouvrage de Mark Selden (The Yenan Way in Revolutionary China, Cambridge, Harvard University Press, 1971), en analysant les expériences militaires, politiques, sociales et économiques faites par le PCC [dans la base révolutionnaire de Yenan, une des 19 en Chine] pendant la guerre sino-japonaise, examine l’impact socio-économique de la réforme agraire, la mobilisation des masses, la tactique du front uni anti-japonais, le fonctionnement de la « démocratie nouvelle » (cf. la Revue française de sciences politiques, année 1972, volume 22, n°6, pages 1330-1331).

Il n'est pas inutile de rappeler les nombreuses exactions des officiers et troupes du Kouomintang commises durant cette période à l'encontre des paysans et communistes chinois.

Rappelons aussi que les Japonais avaient mis en œuvre fin 1941 et en début d’année 1942, dans le nord de la Chine, dans cinq provinces, dont le Shaanxi, la politique « Opération réduction en cendres » ou « opération des trois tout : tue tout, brûle tout, pille tout ! ». N’oublions jamais les crimes des militaro-impérialistes japonais, alliés des nazis et des fascistes italiens ! Souvenons-nous des menées et des exactions des capitulationnistes et des collaborateurs !

L’expérience conduite à Yenan est vue aussi comme le mythe de la pureté morale. La culture politique de Yan’an (Yenan) a rayonné sur les 19 bases révolutionnaires chinoises, et au-delà dans le monde, à travers les reportages de quelques journalistes, américains notamment.

Bien des éléments historiques positifs unissent la France et la Chine...

 

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