Année du Serpent d'Eau : concert de musique traditionnelle le 7 février 2013 à Paris

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

Jeudi 7 février 2013, quatorze membres de l'ensemble de musique de chambre traditionnelle du Conservatoire de musique de Shanghai se sont produits au sein de l’auditorium du Centre culturel de Chine à Paris entre 19 heures et 20 heures 30. Un splendide concert organisé par le Service culturel de l'Ambassade de République populaire de Chine en France, dans le cadre des festivités pour saluer le nouvel an lunaire et l’année du serpent d’eau. Cet ensemble s'est produit dans quelques villes de France.

M. le Ministre-conseiller, chargé de la culture de l'Ambassade de Chine en France, M. Lu Jun, a prononcé un discours chaleureux, exprimant ses meilleurs voeux aux spectateurs français et chinois présents. Pour ce haut responsable, les festivités pour le nouvel an chinois sont une série d'activités menée depuis déjà 11 ans par le ministère chinois de la Culture dans le monde entier, afin de promouvoir les échanges culturels entre la Chine et les autres pays. L'une des nouveautés du spectacle à Paris a été l'inclusion de percussions afin, comme l'a souligné avec justesse un des organisateurs de cet évènement de « réveiller le serpent ».

Les percussionnistes ont ouvert le spectacle musical en jouant une pièce pour gongs et tambours intitulée « Dragons déployés, Tigres bondissants ». Composée d’après les sources musicales de gongs et de tambours de l’Est du Zhejiang, « Tête et queue du dragon » par le célèbre professeur et musicien percussionniste, Li Minxiong, cette pièce produit une atmosphère vigoureuse de réjouissances festives. Vivacité des tambours qui s’accompagnent ou se répondent.

 

« Clair de lune fleuri au fleuve printanier » est aussi nommé « Flûte et percussion du soleil couchant ». Mélodie à la beauté émouvante avec des changements de rythme, évoque une peinture des monts et des eaux de la campagne de Jiangnan. Pièce ancienne pour ensemble luth et flûte Xiao.

« Flûte enivrée » : cette pièce pour flûte Di, composée par Yang Qing, sur la base de sources musicales du Henan, exprime des sentiments humoristiques.

« Nuit silencieuse » : pièce de répertoire de l’opéra de Pékin, le compositeur y déploie une mélodie unique en un morceau à multiples tempos. Evocation de postures gracieuses, arts de l’épée des héros guerriers, sentiments complexes et guerre cruelle, du temps de la concubine Yu. Pièce pour cithare et percussion, adaptée par Wang Zhongshan.

« Faisan de brocart sort de la montagne » est une œuvre représentative classique Daliuzi de l’ethnie Tujia à l’Ouest du Hunan en Chine. Les instruments sont composés de gongs Liuzi, de cymbales Tou, de cymbales Er, de gongs Ma que l’on frappe de différentes manières (à l’endroit, à l’envers, etc.) et ce pour rendre compte de la vivacité du faisan. Ensemble de percussions ; adaptation par Tian Longxin.

« A Lili » évoque les paysages enchanteurs du Yunnan et les scènes de chants et de danses de l’ethnie Naxi. Quintet ; de Wang Jianmin.

« Soirée joyeuse », de Hu Dengtiao, produit des sonorités originales illustrant des scènes de joie nocturne (sons des gongs, des tambours de la danse des lions, les flûtes et tambours ardents). Quintet d’instruments à cordes.

« Rime céleste », avec des tons spécifiques à la musique du Yunnan, évoque le for intérieur. Luth Pipa et percussions  de Qi Yao.

« Songe automnal à la coiffeuse » traduit des sentiments languissants. Pièce ancienne ; grande flûte Di et cithare Guzheng.

« Les choucas s’amusent dans l’eau » décrit des amusements libres dans l’eau des choucas, évoquant le goût pour l’insouciance de la vie. C’est une des pièces lyriques  du « Ruan Tao »  pour cordes de Chaozhou. Violon Ehru et percussions ; adaptation de Min Huifen.

« Rideau pendant » est un procédé musical conférant une impression de rideaux de perles qui s’abaissent. Musique du Guangdong adaptée par Gu Guanren.

« Les Indes galantes », extrait issu d’une célébre mélodie de l’opéra des Indes galantes, du compositeur français Jean-Philippe Rameau, adapté par le compositeur chinois Zhang Xuru.

« Danse folle du serpent doré » : ensemble en trois parties, avec mélodie présentant des spécificités rythmiques. Elle dépeint une atmosphère de joie et d’enthousiasme. Ensemble musical de Nie Er, adapté par Xu Jingxin.

 

Ont joué : au tymphanon la jeune professeur Niu Fanqiong (Yangqin), le flûtiste Tu Huabing (flûte Di), la luthiste Wu Yanjie (luth Pipa), Ying Yiting au violon Erhu, Zhang Biyun (luth Liuqin) et Fu Tianyabo (cithare Guzheng). Les percussionnistes étaient : Yang Ruwen, Luo Tianqi, Song Yuchen, Xu Weiyi, Bai Mi, Ma Li, Chen Zhuo, Chen Xi, accompagnés pour une pièce par Thierry Miroglio, un des plus grands percussionnistes contemporains.

Très applaudis par le public, l'ensemble est revenu sur scène jouer une quatorzième pièce : une œuvre de musique instrumentale contemporaine, à savoir une pièce de Yann Tiersen.

 

Thierry GERBER (10 février 2013)

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