En 2011, la Fête de la Lune (ou fête de la Mi-automne) tombe le 12 septembre !

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

Autour de la Fête de la Mi-automne, ou fête de la Lune, ou fête de la Réunion (premier article)...

Le quinzième jour de la huitième lune est une fête traditionnelle chinoise dite fête de la mi-automne, ou fête de la Lune (zhongqiujie). En 2011, cette fête sera célébrée le 12 septembre. Voici quelques légendes à l’origine de cette fête et quelques significations et pratiques et rituels populaires.

La lune, cette nuit-là, est particulièrement brillante, plus ronde et plus belle que dans d’autres moments. Les Chinois considèrent cette pleine lune comme symbole de la réunion familiale, et c’est pour cela que cette fête de la Lune est dénommée aussi Fête de la Réunion.

Diverses légendes sont à l’origine de cette fête ; la plus connue étant la suivante : Il y a très longtemps, la Terre était entourée de dix soleils, chacun illuminant à son tour la Terre. Un jour, les dix soleils apparurent de concert, faisant bouillir les eaux et les mers, desséchant les terres et la végétation. Les populations périssaient… Le chaos fut évité grâce à un courageux et habile archer, nommé Hou Yi. A l’aide de son arc, il abattit neuf soleils, n’en laissant qu’un seul dans le Ciel. Après cet exploit, Hou Yi devint roi. Il commença à boire et à devenir tyrannique. Un jour, Hou Yi vola l’élixir de longue vie de la Reine-Mère céleste, espérant ainsi devenir immortel et régner éternellement. Sa belle épouse Chang’e but elle-même l’élixir afin de sauver le peuple des lois dictatoriales de Hou Yi. Une fois la fiole vidée, Chang’e sentit son corps flotter et s’envola jusqu’à la lune. Hou Yi, aimant tant son épouse, renonça à tirer une flèche sur la Lune. La légende disait que la nuit de la Fête de la Mi-automne, si l’on observait attentivement l’astre lunaire, on pouvait apercevoir Chang’e dans son palais.

A la nuit de la Fête de la Mi-automne, fête de la Lune ou fête de la Réunion, chaque famille dressait une table couverte de fruits, de cacahuètes assaisonnées de poudre de cannelle, de taro… Au milieu de la table, il y avait aussi une pyramide de Yuebing (gâteaux de lune) ou un grand gâteau divisé en plusieurs parts, une pour chaque membre de la famille. Dans l’encensoir, on plantait un brin de soja représentant le laurier dans la lune. Quand tout était prêt, chaque membre de la famille s’inclinait face à la lune, afin de rendre hommage à Chang’e restée au palais lunaire. On disait aussi que comme Chang’e était une femme et qu’elle appartenait comme la lune au Yin (principe féminin), la cérémonie ne devrait être célébrée que par les femmes. Après la cérémonie, tout le monde s’asseyait autour de la table et se partageait les offrandes en bavardant. Puis, les vieillards se mettaient à raconter des histoires sur la lune que les enfants, émerveillés, écoutaient attentivement. (source : site Web du Bureau Touristique de la Municipalité de Xian.)

Jacques Pimpaneau (Chine. Culture et traditions, éditions Philippe Picquier, 2004) écrit : « La fête de la Mi-Automne (zhongqiu) a lieu le quinzième jour du huitième mois ; elle était destinée à célébrer la lune, qui est habitée par la déesse Chang’e, le lapin qui broie la pilule d’immortalité, le crapaud à trois pattes et Wu Gang, condamné à couper un cannelier qui ne cessait de repousser dès qu’il était abattu. Le soir, on admirait la pleine lune en mangeant des ‘gâteaux de lune’ (yuebing), pâtisseries très épaisses fourrées d’une pâte compacte aux fruits secs ; on allumait des lanternes en forme de lapin ou, dans la région de Pékin, on achetait de petits lapins en terre cuite déguisés en généraux. »

Tang Ke Yang écrit : « Les Chinois se demandent toujours qui est en définitive cette ombre confuse qui se promène sur la Lune. Est-ce la belle Chang E sans cœur qui a abandonné son mari héroïque – ce dernier a abattu de ses flèches neuf soleils – pour monter seule au ciel ? Est-ce Wu Gang, destitué pour avoir ignoré les codes célestes et envoyé dans le Palais lunaire ? La Lune est certainement la toute première consolation de l’homme encerclé par les ténèbres. » (cf. Tang Ke Yang, Martine Laffon, La Nuit, Presses artistiques et littéraires de Shanghai et Desclée de Brouwer, 2000).

Jacques Gernet (La vie quotidienne en Chine à la veille de l’invasion mongole (1250-1276), Editions Philippe Picquier, 2007) indique : « La fête de la mi-automne, le 15 de la huitième lune, est une fête de la lune et des femmes. Dans la lune dévorée chaque mois par un crapaud noir, se trouve un lapin qui pile un élixir de longue vie au pied d’un acacia dont les feuilles et l’écorce servent à préparer cette drogue. Une autre légende veut que ce soit, non pas un lapin, mais un crapaud à trois pattes qui habite la lune ; selon une autre encore, un palais est construit sur cet astre où logent la reine de la lune et ses suivantes, toutes d’une beauté extraordinaire. Le soir du 15 du huitième mois (pleine lune de septembre), la lune est plus brillante que jamais. On fabrique des « gâteaux de lune » et l’on mange des fruits à pépins, gages de nombreux enfants. Les riches montent à l’étage de leurs pavillons et de leurs kiosques pour y admirer le clair de lune et y boire de l’alcool en écoutant des solos de cithare. Cette nuit-là, la ville est pleine de promeneurs, et les boutiques de la Voie impériale restent ouvertes plus tard que de coutume (cf. Menglianglu, 1275, IV, 6, page 161). »

 Gu Lou (Tour du Tambour) 

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