FengQu Yang est une des délégués du mouvement des travailleurs sans papiers, soutenu par la CGT

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

L'Humanité Dimanche (n°207, semaine du 15 au 21 avril 2010) a publié un article sur les deux années de lutte des travailleurs sans papiers en France. On peut y lire que FengQu Yang est membre du Comité des Délégués. Elle indique : "Je suis seule en France depuis 2004, mon mari et mon fils sont restés à Canton. Depuis, j'ai toujours travaillé dans des restaurants. Mon patron était d'accord pour mon dossier de régularisation. Mais la préfecture me l'a refusée deux fois. En Chine, j'étais professeur d'anglais, je gagnais environ 100 euros par mois. Mais je voulais changer de vie. Le visa était trop cher pour les Etats-Unis [d'Amérique]. Je suis venue en France, à Paris, c'est une ville romantique. J'ai appris le français avec les clients, dans les restaurants où je travaillais. Ma famille en Chine ne comprend pas la grève. Ils me disent : il faut arrêter, tu n'auras plus d'argent. Mais mon fils lui me dit : "courage, tu es forte, tu es déléguée !" Certains salariés chinois ne comprennent pas bien le mouvement [de régularisation des travailleurs sans-papiers], ils trouvent que c'est long. Il faut leur expliquer, encore, encore. Moi j'ai confiance en les onze. On va gagner !" Raymond Chauveau (coordinateur CGT du mouvement des travailleurs sans papiers) estime que "s'engager dans la lutte, c'est prouver qu'on est déjà intégré dans la société". Il indique aussi que "nous avons des intérêts communs et nous refusons que le patronat et le gouvernement jouent de la concurrence entre salariés pour tirer vers le bas l'ensemble des droits collectifs.**** En même temps, force est d'admettre que des flux trop importants d'immigration de population et de travail (immigration légale et illégale) créent des tensions d'ordre multiple au sein des pays d'accueil. Historiquement, les Etats-nations ont mis du temps à se constituer, à fédérer et unifier leurs diverses composantes. Elles demeurent des constructions fragiles, en équilibre précaire et réinvention perpétuelle. Certains ne voient que leurs intérêts de court terme et se ne préoccupent pas de prévenir d'éventuels conflits et tensions, de maintenir un vivre ensemble paisible, dans le cadre des valeurs portées par les milieux ouvriers et populaires.

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