Hommage à Jean-Luc Einaudi

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

 

Premier hommage à Jean-Luc Einaudi.

Jean-Luc, né en 1951, s'est rendu en Chine populaire en 1972.

Voici un conte chinois, datant des années précédant la Libération de 1949, rédigé par Fong Siue-fong, sous l'oppression du Kuomintang et des autres réactionnaires : "Les lumières de l'aurore. On raconte que dans les temps très anciens [en Chine], une sirène avait pris l'habitude, chaque matin, bien avant la pointe du jour, de quitter la mer pour gagner une île proche, où, assise sur le plus haut rocher, elle attendait le lever du soleil. Sa soeur aînée s'irritait de cette habitude, jugeant que c'était gaspiller son temps que de se lever de si bonne heure pour ne rien faire. Chaque jour, elle sortait la tête de l'eau tandis que sa cadette s'installait sur son rocher, et lui témoignait de loin son mécontentement :

- Petite paresseuse ! disait-elle. Pourquoi restes-tu ainsi à te croiser les bras ? N'as-tu donc rien d'autre à faire avant que le soleil n'apparaisse ?

Mais un matin, notre sirène, parvenue au faîte de son rocher, se mit à rassembler tous les nuages et les brouillards qui passaient autour d'elle. Pour honorer le soleil qui allait apparaître, elle en fit de la toile, les tissant les uns aux autres comme elle avait l'habitude de tisser dans sa maison du fond des eaux.

Bientôt le soleil apparut, lançant ses premiers rayons sur la mer comme pour la reconnaître. En traversant la gaze tissée par la sirène, les rayons se parèrent de mille couleurs éclatantes.

C'est depuis ce jour que l'aurore s'accompagne toujours de lueurs resplendissantes. Ainsi tout travail accompli pour une cause glorieuse brille éternellement d'une éclatante beauté."

(Fables, Fong Siue-fong, Editions en langues étrangères, Pékin, 1955, page 2.)

 

 

 

 



 

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