"Ni fleur ni brume", "Fleur est-ce une fleur ?", "Fleur sans fleur" ou les traductions du poème de Po Chü-I

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

Nous avons eu l’occasion de travailler sur de très nombreux poèmes classiques chinois traduits en français. Il existe plusieurs méthodes ou « écoles » pour les traduire. Traductions brutes ou plus ou moins interprétatives. Nous avons découvert le poème écrit par Po Chü-I (772-846) « Ni fleur ni brume ». « Fleur. Est-ce une fleur ?/Brume. Est-ce la brume ?/Arrivant à minuit,/S’en allant avant l’aube./Elle est là : douceur d’un printemps éphémère./Elle est partie : nuée du matin, nulle trace. » (figurant dans l’ouvrage Entre source et nuage, François Cheng, Editions Albin Michel, février 2002, page 96.) Nous avons trouvé cette même traduction du poème de Po Chü-I - et c’est bien normal - dans l’ouvrage Poésie chinoise, poèmes traduits et choisis par François Cheng, calligraphies de Fabienne Verdier, Editions Albin Michel, 2000. Par contre, nous avons été étonnés de retrouver le même texte intégré dans des poèmes… écrits par François Cheng lui-même. En effet, dans le recueil Qui dira notre nuit. Nouvelle édition, édité chez Arfuyen, Orbey, en décembre 2003, ce texte figure page 71. On découvre son titre « Fleur. Est-ce une fleur ? » à la page 97 du sommaire. Il est possible que quelqu’un de l’entourage de François Cheng, participant à l’élaboration du recueil, l’ait introduit par erreur. Nous n'avons pas vérifier si cette erreur existait dans la précédente édition de Qui dira notre nuit, chez Arfuyen. Nous avons trouvé une autre traduction du poème de Po-Chü-I dans Anthologie Les yeux du dragon. Petits poèmes chinois, traduits et présentés par Daniel Giraud, Bois d’Orion, Poésie Points P2098 février 2009 page 131. « Fleur sans fleur ». « Fleur sans fleur/Brume sans brume/Venant à mi-nuit/Partant au petit jour/Arrivant comme un songe de printemps hors saison/S’en allant comme une nuée du matin sans chercher à s’établir. » Quelques mots maintenant pour présenter Po Chü-I, ou Po Kiu-Yi (Po Lo t’ien, 772-846) : « poète précoce et brillant étudiant, il occupa des postes divers, principalement à Tch’anh-nyan, à Hang-tcheou, à Sou-tcheou. Mais il adressait à la cour des censures et des recommandations qui furent parfois mal accueillies. L’un des plus célèbres poètes chinois, tant lyrique que satirique, observateur et narrateur excellent, dont l’œuvre variée est une des plus accessibles aux lecteurs étrangers. Il participe au mouvement littéraire qui, à la fin des T’ang, tend à simplifier et à vulgariser la langue, le style, les thèmes. » nous apprend l’Anthologie de la poésie chinoise classique (Editions Gallimard, février 2006, page 308). Chunfeng (Vent printanier).
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