Nouvel an chinois. Musique traditionnelle, par l’orchestre de Chongqing, et Marionnettistes de Quanzhou

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

Comme chaque année, le service culturel de l’Ambassade de la République Populaire de Chine organise à Paris une soirée culturelle à l’attention des amis de la Chine pour fêter le nouvel an lunaire (fête du printemps). L’an dernier, nous assistions le 21 janvier 2009, à une représentation d’un orchestre de musique traditionnelle, renommé, venu du Zhejiang. Inoubliable ! Extraordinaire, vers la fin du spectacle, ce jeune homme qui produisait des sons incroyables... Le 5 février 2010, les très talentueux musiciens de l’orchestre de musique traditionnelle de la ville de Chongqing interprétèrent 16 morceaux. Puis, la troupe des grands marionnettistes de la ville de Quanzhou nous a transporté dans un monde miniature et dans les joies de notre enfance passée. Et pour la plus grande joie des enfants présents dans la salle ! L’orchestre de musique traditionnelle de la ville de Chongqing a été fondé en 1989. Au niveau national, en Chine, il est un orchestre important. Il a donné de nombreux concerts à l’étranger ou devant des chefs d’Etats étrangers. Le « prélude de la fête du printemps » est un ensemble instrumental inspiré d’une musique de danse traditionnelle du Shanxi, exprimant par les battements de gong et de tambour, l’ambiance de liesse qui règne pendant ce moment de l’année. Le « lever du soleil », ensemble instrumental, dont la mélodie fluide, typique de la région de Chongqing, évoque l’aube, moment plein d’optimisme. Le « capriccio des régions de l’ouest » fait la part belle au guzheng, cithare antique. Puis il y eut un trio de percussions. « Terre jaune », solo de guaona, hautbois, traduit l’attachement des peuples de l’ouest à leur terre natale. La « Suite de musique du Guangdong » avec quatre morceaux caractéristiques du sud-est de la Chine, aux mélodies gracieuses. « L’arrivée du printemps sur la rivière Yi » célèbre l’éveil du printemps dans la Chine du nord. « Nuit de pleine lune au printemps, les fleurs s’épanouissent près du fleuve » est enchanteresse, interprétée par l’ensemble instrumental. « Capriccio du Fleuve jaune » concerto pour yangqin (tympanon) : interprété par Wang Yi, nous fait vibrer au rythme de la force et la violence du Fleuve Jaune. Avec le leiqin, instrument à cordes spécifiquement chinois, c’est « Le monde des animaux » qui était mis à l’honneur. « L’éclosion des fleurs de sophora » est adapté d’un chant très connu du Sichuan. « Le chant nouveau des bergers » est un solo de flûte, interprété par Zhao Lan. Une mélodie chaleureuse et vive, dans le style mongol. La treizième interprétation était « Reflets de lune dans deux sources », morceau très célèbre exécuté par un duo de erhu, violons à deux cordes, voulant exprimer les émotions et vicissitudes de l’existence de son compositeur, aveugle. Ainsi que « Csardas », une musique de Vittorio Monti, avec duo de erhu. Le quatorzième morceau était « sous le ciel de Paris » par l’ensemble instrumental, puis le « Chant des pêcheurs du lac Weishan, solo de sheng, orgue à bouche, décrivant la bonne humeur des pêcheurs. « Morceau de l’air du Qin » précéda « Des profondeurs de la nuit », Yu Jiang utilisant le banhu, violon plat à deux cordes) puis le jinghu, petit violon à deux cordes. « Célébration », par l’ensemble instrumental, invite à la gaîté en cette période de fête. Ceux qui aiment les sonorités des musiques de Chine se sont régalés. Beaucoup de jolies mélodies. Même sans regarder le programme, on reconnaissait des cris d’animaux, les flots impétueux du fleuve aux sons d’un tympanon. Toujours surprenantes ces sonorités particulières de l’orgue à bouche et des erhu. Ces airs enlevés de flûte, joués par une très belle jeune femme, nous transportait jusqu’en Mongolie. Un ensemble de musiciens très talentueux. Un chef d’orchestre avenant et plaisantin. Et un air connu, révolutionnaire, intégré dans une composition. La troupe de marionnettistes a été fondée en 1952, héritière des marionnettes à fils du style Quanzhou, renvoie aux traditions du sud de la province du Fujian. Un petit singe espiègle qui joue de la guitare et fait du vélo. Une bataille d’un personnage armé d’une hallebarde contre un dragon-lion, Zhongkui ivre qui mène à bien sa mission de combattre les démons. La marionnette arrive à se verser de l’alcool en s’emparant d’un récipient à bec ou d’une vasque. Beaucoup de personnage qui font des acrobaties. Les marionnettes peuvent enlever certains de leurs vêtements. Et les quatre femmes en robe rouge se transforment (en étant renversées) en princesses élancées, ressemblant beaucoup à Chang’e. La soirée s’est poursuivie autour d’un grand buffet de spécialités culinaires chinoises. Une mémorable nuit chinoise à Paris. Si, un jour, vous pouvez assister à un de ces spectacles, ne laissez pas passer cette occasion.

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