Soirée culturelle pour célébrer le nouvel an chinois 2011 (année de Lapin)

Publié le par Thierry-Patrick GERBER

 

A l’occasion du nouvel an chinois, 2011, qui sera celui de l’année du Lapin, le service culturel de l’Ambassade de Chine à Paris, a organisé une soirée lundi 24 janvier 2011 à l’intention d’une partie des amis de la Chine et de ses compatriotes.

Peu après 19 heures 20, les meilleurs voeux sont transmis à l'assemblée.

Sur scène, un ensemble appartenant à l’Orchestre de Musique Traditionnelle de Shanghai (Shanghai Chinese Orchestra, SHCO) pour un concert de plus d’une heure : « Echo des cordes et du bambou ». Les hommes sont en costume noir et les femmes en bustiers rouges.

Duan Aiai apparaîtra en longue robe rouge.


L’orchestre de musique traditionnelle a été fondé en 1952 et il est le premier orchestre moderne chinois du genre de dimension nationale. Son rôle a été fondamental dans le développement de la musique traditionnelle en Chine. Orchestre symphonique, il englobe quatre familles d’instruments : à cordes frottées, à cordes pincées et frappées, à vent et les percussions. Son directeur artistique est le Professeur Wang Fujian.

 

Le concert « Echo des cordes et du bambou » était composée des pièces suivantes :

* « Promenade et chanson de joie » (musique folklorique chinoise). Avec instruments à cordes et à vent de Jiangnan (région au sud du Fleuve Yangtze). Airs enjoués et légers, souvent interprétés lors des fêtes traditionnelles. L’ensemble est mené par monsieur Zhou Tao. Très beau !

* « Les Orchidées au printemps ». Solo pour Flûte de bambou, interprété par Jin Kai. Les orchidées sont considérées comme une fleur de prédilection. Cette musique exalte la beauté de la fleur et son parfum enivrant, et compare cette fleur avec une personne en difficulté qui résiste au chagrin. Le flûtiste Jin Kai est très expressif et majestueux. Et l'ensemble est relevé. On retrouve les sonorités chinoises que nous aimons tant.

Suivi de « Les Cinq bâtonnets ». Musique de flûte largement répandue dans le nord de la Chine. Composée en cinq actes, avec un rythme varié qui s’accélère au fil des notes. Air enjoué. Les trois exécutants sont très convaincants. L'orgue à bouche demeure un instrument surprenant. La pièce est intéressante.

* « La Neige blanche au soleil de printemps ». Solo pour Pipa. Réadaptation d'une musique ancienne. Sa musique fluide transcrit l’explosion de vie sur terre avec l’arrivée du printemps. Zhou Tao anime avec brio l'ensemble, faisant corps avec son instrument. Il est un maître d'art de cet instrument à corde. Il convient d'observer les frottements des symbales chinoises, ou leurs percussions par divers procédés. Le flûtiste nous emmène loin dans l'évocation du thème...

Suivi de « Adieu, ma concubine ». Ce solo pour Pipa est une scène d’adieu dans un contexte historique de guerre.

* « Brume à l’aube ». Instruments à percussion et Zheng. L’auteur de la composition évoque une aube à Beijing (Pékin). Lei Huanran est d'une grande expressivité. Tant dans les exécutions rapides que lentes. Des gestes d'arts martiaux. Le percutionniste joue des tintements et du tambourin avec talent.

* « Trois touches à la fleur de prunier ». Duo pour Zheng et flûte de bambou. Musique ancienne. La fleur de prunier symbolise la force et l’optimisme dans des moments difficiles. L’air principal est trois fois, d’où les trois touches. Un style ancien, élégant et doucement mélodieux. Quatre interprètes prenants dont la jeune femme au Erhu.

Suivi de « Vestiges ». Duo pour Zheng et flûte de bambou. Composition contemporaine. Sa musique sobre à l’air antique évoque l’histoire des armées invincibles qui ont fait la gloire des dynasties anciennes.

* « Fleurs de jasmin ». Quator d’instruments traditionnels. Chanson populaire réadaptée. Deux flûtes de bambou et deux instruments à corde. La camarade Duan Aiai, en longue robe rouge, au Erhu est accompagné par Jin Kai, portant bracelet de perles noires. Duan Aiai, bien qu'assise, semble danser avec l'instrument.

* « Telle une chanson dans les larmes ». Solo pour Ehru. Réadaptation de la musique traditionnelle « Deux sources reflètent la lune ». Cette musique douce et triste évoque le paysage des « Deux sources reflètent la lune » et la vie pénible d’un artiste aveugle. La réadaptation intègre un jeu de flûte, relavant davantage la finesse de cette musique.

Suivi « Petites mélodie de Henan ». Solo pour Ehru. Mise en opposition d’un rythme rapide te d’un rythme lent. Musique joyeuse et amusante, profondément marquée par la culture locale du Henan.

* « Style ancien ». Ensemble d’instruments à cordes frappées et pincées. Cette réadaptation de deux musiques anciennes exprime la compassion des lettrés envers les soldats en campagnes de guerre, l’horreur de la guerre et le désir d’une paix prochaine. Rythme riche en mutation.

Suivi de « Route de la soie », par le même ensemble instrumental. La route de la soie symbolise les échanges culturels entre l’Occident et l’Orient. Rencontre des styles artistiques de la Chine de l’Ouest et ceux du Moyen-Orient. Exotisme. Si l'on ferme les yeux, on se retrouve dans les zones désertiques faisant jonction. Claquements de mains, tambourins, flûte, instuments à corde aux sonorités stridentes.

* « Ling Long ». Ensemble instrumental, interprété par l’ensemble des musiciens. Le terme Ling Long désigne en chinois un son clair et mélodieux et par extension de petits objets raffinés dans leur conception. C’est le sens premier qui est, ici, mis en avant. Belle harmonie !

Suivi de « Brusque comme un ordre », exécuté par l’ensemble des musiciens. Cette composition se déploie dans un rythme accéléré et assourdissant de tambours et de gongs suggérant la vie urbaine des grandes métropoles. Puis c’est une musique claire et réservée d’un retour au calme et à une vie paisible. Des moments très vifs. Le contraste est illustratif des contradictions des hommes. A quelques moments, on se retrouverait comme à dos de cheval !


L’ensemble artistique était composé de Duan Aiai, Wu Ying, Zhu Yanyun, Tang Haiping, Guo Jiawen, Jin Kai, Qiao Haibo, Wang Yang, Zhou Tao, Shi Jun, Lei Huanran, Gao Jing, Mi Songjie, Wang Yan, Xia Qing, Han Xue, Li Yueru, Wang Yinrui, Dou Qiang.

Bravo à eux tous !

 

Après ce concert, rencontres et discussions entre invités autour d’un buffet de mets chinois. A noter la présence de l’historien Bernard Brizay, auteur d’ouvrages et articles sur le sac du Palais d’été et l’histoire de Shanghai. Et celle de Philippe Meyer, animateur de la Librairie Le Phénix.

 

Grand merci encore aux responsables et aux membres du Service culturel pour cette initiative réussie d'échanges culturels et d'amitié entre les peuples chinois et français.

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article